Courtier et agent d'assurance maritime, quelques précisions au sujet de votre article par ailleurs bien documenté et ne contenant au demeurant pas de réelle contrevérité.

C'est plutot une impression générale de confusion éventuelle que je souhaiterais dissiper.

Les risques d'assurance maritime se départagent entre deux catégories. Ceux dits "ordinaires" et ceux dits "de guerre et assimilés" ces derniers, pour faire court, comportant en sus des risques de guerre proprement dits la garantie des risques de terrorisme et autres attentats.

Chacun de ces risques est garanti par des assureurs différents et le débat pour l'assuré transporteur, chargeur ou autres qui les aurait souscrits tous deux se borne à une simple question de répartition.

L'assureur risques ordinaires est présumé garant, sauf à ce qu'il puisse démontrer que le sinistre trouve son origine dans un acte de "guerre" ou assimilé.En clair, c'est lui qui supporte le fardeau de la preuve contraire.

Dans le cas du Sirius Star, il faut donc se poser la simple question de la motivation des pirates. Comme vous avez failli le dire si vous aviez été au bout du raisonnement, l'évènement restera réputé à caratère lucratif jusqu'à ce que les pirates se recommandent d'on ne sait quel front de libération où ne prétendent avoir agi au nom d'Allah dans la lutte des fidèles contre le grand Satan. Dès lors l'indemnisation basculera des assureurs Risques ordinaires aux assureurs risques de guerre.

Quant aux surprimes susceptibles d'être facturées suite à la dégradation des risques dans cette zone, elles découleront soit des recommandations du war risks comitee en tant qu'elles concerneraient une aggravation des risques de guerre ( ce qui n'est pas apparemment encore le cas), ou de la libre concurrence entre assureurs risques ordinaires.

Nul doute que la confusion persistera toutefois dans l'esprit des assurés qui continueront à fair l'amalgame entre les deux familles de risques, pourtant facilement appréciables.......